Si Frank Giroud est principalement connu pour ses scénarios de bande dessinée, il faut savoir qu'il a plus d'une corde à son arc et s'illustre régulièrement dans des domaines autres, comme l'écriture de pièces de théâtre, les paroles de chansons, ou le dessin. Cette partie du blog vous présente les autres facettes d'un talent multi-forme.

lundi 14 avril 2014

FUKUSHIMA

Cette courte Bd a été réalisée en 2011 par Frank Giroud pour une opération de soutien aux victimes du Fukushima :
 
 

samedi 21 décembre 2013

KINSHASA

Au cours de ses nombreux voyages, Frank Giroud a rempli ses carnets de croquis, petits moments de vie pris sur le vif, témoins d'époques et de cultures.
Voici un petit aperçu de ces carnets, avec ce dessin intitulé "Petite marchande de Vœux" :

dimanche 27 octobre 2013

Affiche

Ce dessin de 2011 a servi d'affiche pour une bourse aux jouets :
 

jeudi 17 octobre 2013

Affiche pour un festival BD

Cette illustration datant de 1989 a été dessinée par Frank Giroud pour l'affiche d'un festival BD :
 

vendredi 23 août 2013

JULIETTE : "Le Prince des Amphores"

LE PRINCE DES AMPHORES
paroles : Frank Giroud ; musique : Juliette
le site officiel de Juliette


De toute éternité, l’univers a compté
Plus de suce-goulots qu’il n’y a d’honnêtes gens,
Plus d’ivrognes que de dames de charité,
Plus de fesse-tonneaux que de chênes pensants.

Et qu’ils soient de ce temps ou des siècles passés,
D’humaine consistance ou d’essence divine,
Certains grands virtuoses à la glotte inspirée
Honorent dignement cet art de la chopine.

Maints buveurs aiment donc à leur porter un ban,
Que ces maîtres aient pour nom Bacchus ou bien Rabelais,
Haddock ou Bukowski, le gros Eltsine ou Pan,
Odin ou Dionysos, voire ce bon vieux Noé.

Mais tous ces baronnets, quelle que fût leur descente
Et de quelque lauriers que leur tête fût ceinte,
Ne peuvent, sans fauter par emphase indécente,
Revendiquer le titre de roi des Torche-pintes.
Car bien au-dessus d’eux tous règne ne leur déplaise
Le prince des amphores, biberonneur hors-pair,
Seigneur des beuveries à rouler sous les chaises !
Oui! Je parle de moi! Le Très-Haut! Dieu le Père !

C’est d’ailleurs, je l’avoue, cet aimable penchant
Qui vaut à votre globe cet air un peu bancal;
Je l’ai sculpté bien rond mais, j’en suis conscient,
Pas tout à fait d’aplomb, du Néfoud au Bengale.

Là, un typhon fripon vient chatouiller vos côtes
Et rase une cité d’un petit coup de lame,
Ailleurs, soudain, la Terre, façon vieille cocotte,
Se craquelle et avale cinquante ou cent mille âmes.

On me reproche aussi quelques volcans qui grondent
Ou l’eau qui noie la Chine et boude le Sahel :
Bévues bien excusables, puisqu’en créant le Monde,
Je distillais déjà mon premier hydromel !

Car l’as de la godaille, le King-Kong des hoquets,
Le roi des beuveries à rouler sous les bancs,
Le grand-maître des cuites, l’empereur des muflées,
Le prince des amphores, c’est moi, le Tout-Puissant !

Même mon grand chef d’œuvre, l’humaine mécanique,
A quelque peu souffert de ce travers divin
Si l’on s’attarde sur les lépreux trisomiques,
Les culs-de-jatte sourds ou les aveugles nains.

Je sais! Même les corps parfaits en apparence
Posent quelques problèmes après trois tours de piste :
Tremblotte, couenne flasque et méninges en partance
En attendant que l’âme joue les séparatistes.

J’en entends plus d’un qui crie au travail bâclé ;
Pourtant, j’ai réfléchi, en créant cette vie !
Mais... quand j’ai bricolé l’Homme en mon atelier,
Je finissais tout juste d’inventer l’ambroisie !

Car l’as de la godaille, le King-Kong des hoquets,
Le roi des beuveries à rouler sous l’armoire,
Le grand-maître des cuites, l’empereur des muflées,
Le prince des amphores, c’est moi, Dieu plein de Gloire !

Le Ciel fumait encore de ces vapeurs d’alcool
Lorsque j’ai décidé d’usiner vos humeurs.
Dans ma douce euphorie, j’en ai sorti de drôles,
Tel l’amour qu’on loue tant... et pourtant dont on meurt !

Ou les pulsions qui animent tous ces maîtres ès-deuils,
Conscience vert-de-gris, crâne et cerveau rasés,
Riant de voir saigner un frère ou un chevreuil !
Tous ceux que font frémir l’odeur de la curée !

Sans doute aurais-je pu trouver beaucoup mieux si,
Le jour où j’ai conçu l’âme et le cœur humains,
Je n’avais mis au point ma meilleure eau-de-vie...
Dont je siffle depuis un fût tous les matins !

Car l’as de la godaille, le King-Kong des hoquets,
Le roi des beuveries à rouler sous les tables,
Le grand-maître des cuites, l’empereur des muflées,
Le prince des amphores, c’est moi, Dieu redoutable !

Et dans le même élan de ma patte inspirée
Je vous ai envoyé le marchand de canon,
Le grippe-sous repu, l’ignorant, l’affamé,
Le tyran qui fait taire la voix qui lui crie “non”!

Et c’est également de mon divin képi
Que j’ai sorti l’orgueil, l’envie, la lâcheté,
La bêtise et la haine, la peur, la jalousie,
La colère, l’égoïsme et puis la vanité...

Mais le pire de tout, ineffable largesse,
Dernier raffinement, j’ai insufflé aux Hommes...
L’envie de croire en Moi et, le temps d’une messe,
De boire à Ma santé en criant
“Te Deum”!

samedi 6 avril 2013

nouvelle : LA DERNIERE PAGE

Cette nouvelle, illustrée par Jean-Paul Dethorey, est initialement parue dans le magazine Circus numéro 67bis de 1983 :
 


 

dimanche 24 février 2013

Paroles pour une chanson de JULIETTE : LA BALLADE D'EOLE

 
Juliette
LA BALLADE D'EOLE
Paroles : Frank Giroud, musique: Juliette

 
Lorsque je me sens las de jouer avec les vagues,
Les roseaux de Camargue ou les fumées de Prague,
Il m’arrive parfois du haut de mon royaume
De compter tous les noms que m’ont donné les hommes :
Sirocco par ici, Tramontane à côté,
Zéphyr un peu plus loin et ailleurs Alizée,
Simoun ou bien Mistral, Aquilon ou Blizzard,
Autant de patronym(es) exotiqu(es) et bizarres !
Etranges inventions d’esprits à ras de terre :
Comme s’il y avait des frontières dans l’air !
Non! Je n’ai pas de frères, et c’est moi et moi seul,
Des Rocheus(es) à l’Oural, qui souffle à fendre gueule !
 
On me dit bise ou Vent d’Autan
On me divise en vingt, en cent,
Mais c’est en vain qu’on jase autant :
Je suis le même, Ouest ou Levant !
Vent de l’instant ou vent d’avant,
Vandale ici, là vivifiant,
Je suis unique et de tout temps !
je ne suis qu’un : je suis LE VENT !

Je suis né bien avant que vos savants n’inventent
Les voiles que je gonfle, et même, je me vante
D’être ici bas ce qu’on eût pu voir de plus vieux...
S’il avait existé en ce temps là des yeux !
Je survolais déjà les And(es) et l’Aventin,
Dévalais les avens, les vals et les ravins,
Bien avant que la pluie ne les ait fait verdir,
Bien avant que la vie ne les ait fait fleurir...
Et c’est moi je l’avoue, sans offenser le Diable
Et sa peau de serpent, qui me rendit coupable,
D’une haleine fiévreuse, d’avoir soufflé à Eve
L’idée qui l’évinça de son Jardin de Rêve...
 
On me dit bise ou Vent d’Autan
On me divise en vingt, en cent,
Mais c’est en vain qu’on jase autant :
Je suis le même, Ouest ou Levant !
Vent de l’instant ou vent d’avant,
Vandale ici, là vivifiant,
Je suis unique et de tout temps !
je ne suis qu’un : je suis LE VENT !
 
Et si j’oublie parfois les parfums enivrants
Dont je me suis gavé, j’en ramène souvent
Si loin de leur berceau, qu’ils s’en viennent changer
L’humeur et les pensées des quidams étonnés...
Lorsque dans les nuits chaud(es) et folles de Bahia,
Sans mobile apparent et malgré la samba,
Un cœur soudain se glace, un sourire se brise,
C’est que je traîne encore un frisson de banquise...
Et quand dans l’aube trist(e) d’un hiver berlinois
En dépit des murs gris, des flocons qui tournoient
Un émoi se réveille, une bouche fredonne,
C’est que je m’en reviens des Indes ou de Vérone !
On me dit bise ou Vent d’Autan
On me divise en vingt, en cent,
Mais c’est en vain qu’on jase autant :
Je suis le même, Ouest ou Levant !
Vent de l’instant ou vent d’avant,
Vandale ici, là vivifiant,
Je suis unique et de tout temps !
je ne suis qu’un : je suis LE VENT !
Mon empire est immense et recouvre le monde ;
Mais parfois je me lasse de l’éternelle ronde :
Alors, fou de tourner tout autour de ma boule,
Je dévaste et je hurl(e), j’arrache et je chamboule !
Ou, plus vicieux, j’insu/ffle aux hommes ma démence,
Et de leurs ouragans je ricane en silence...
J’attise un peu leurs feux et puis, calmé, je file
A l’autre bout du globe en des lieux plus tranquilles.
Là j’oublie mes bravades, leurs braises, et me fait brise ;
Je soulève la robe des belles que je grise,
Ravivant en passant chez les passants ravis
L’envie d’être le vent à qui tout est permis !